Quatre grandes voies relient Florac au plateau du Méjean. Chacune possède son atmosphère, ses dénivelés, ses haltes emblématiques. Voici un aperçu détaillé des itinéraires les plus marquants.
1. Le chemin du col du Perjuret (par le GR®6 )
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Départ : Place de l’ancienne gare de Florac, direction le nord-est vers la D16.
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Distance : 12 km jusqu’au col du Perjuret (après 750 m de dénivelé positif)
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Difficulté : Moyenne à soutenue (bonne condition requise)
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Temps estimé : 4h à 4h30 pour la montée (aller simple)
Ce sentier suit le balisage rouge et blanc du GR®6. Rapidement, il quitte l’étagement de Florac, traverse le hameau verdoyant de la Borie et s’élève parmi les marnes et pins sylvestres. C’est l’itinéraire « historique » : autrefois, le col constituait une porte d’entrée symbolique vers les grandes steppes du Méjean, accueillant transhumants et muletiers. À mesure qu’on gravit les lacets, la vue s’ouvre à l’ouest sur la vallée du Tarnon et les falaises du causse Noir.
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À voir en chemin :
- Le chaos de Nîmes-le-Vieux, curiosité géologique aux formes dolomitiques spectaculaires (3 km de détour vers l’est après la montée).
- Le panorama du col du Perjuret, point de convergence de plusieurs parcours de randonnée longue distance.
Référence topographique : Carte IGN 2640OT – Gorges du Tarn, Parc national des Cévennes.
2. Par le ravin de l’Oule et la ferme de l’Hôpital
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Départ : Office de tourisme de Florac, puis remontée sur la route du col de Montmirat jusqu’au parking du ravin de l’Oule
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Distance : 9,5 km jusqu’à la ferme de l’Hôpital, puis accès direct au plateau
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Dénivelé : Près de 700 m
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Difficulté : Soutenue, certains passages caillouteux et escarpés
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Temps estimé : 3h30 à 4h
L’un des chemins les plus intimes : il s’engouffre dans la fraîcheur boisée du ravin de l’Oule, longe des parois impressionnantes, puis débouche sur la clairière de l’Hôpital, ancienne commanderie templière. Le contraste est saisissant entre l’atmosphère encaissée du départ et la sensation d’espace lors de l’arrivée sur le Méjean. Ce parcours est réputé pour ses orchidées sauvages au printemps et la présence du circaète Jean-le-Blanc.
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Bons plans :
- Halte possible à la ferme-auberge pour goûter au fromage de brebis du Méjean (AOP "Fromage de brebis du Méjean", source : www.fromages-aop.com, 2024)
- L’accès est difficile à la descente ; il est conseillé comme montée
Sources : Topoguide FFRandonnée "Gorges du Tarn et de la Jonte à pied", Parc national des Cévennes.
3. Par le sentier du col de Pierre Plate
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Départ : Parking de la route de Quézac, hameau de Bedouès
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Distance : 11 km du parking au plateau ; possibilité de rallonger la boucle
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Dénivelé : 620 m
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Difficulté : Moyenne
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Temps estimé : 3h30
Ce sentier discret s’adresse aux amateurs de solitude. Il s’élève en traversant murettes et anciennes terrasses, témoins des travaux agricoles d’antan, puis s’enfonce parmi les buis et les érables. La montée, progressive, débouche au col de Pierre Plate, point stratégique offrant une vue panoramique vers la vallée du Tarn et la façade sud du Méjean. Un bon terrain d’observation pour les géologues : la superposition des couches calcaires y est parfaitement lisible.
Anecdote transmise localement : la brèche du col aurait servi de lieu de passage aux "drailles" (chemins de transhumance) remontant vers le nord du causse dès le Moyen Âge.
4. Par la vallée de Brèze et le chemin du Rocher du Causse
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Départ : Centre de Florac, direction Brèze via la route D16 puis sentier à l’entrée du vallon
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Distance : Près de 14 km pour rejoindre le cœur du Méjean
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Dénivelé : 850 m
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Difficulté : Soutenue, montée longue mais régulière
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Temps estimé : 4h30 à 5h
C’est le chemin des vastes horizons. Après un passage en fond de vallée, le sentier attaque les pentes granitiques puis, à la faveur d’une anticlinale, s’ouvre en larges virages sur le plateau. Le Rocher du Causse est un repère : de là, le regard porte sur 180°, balayant toute la dorsale calcaire. Les jours de vent du sud, on peut voir jusqu’au mont Lozère au loin.
Ce parcours est recommandé aux passionnés de botanique : le versant sud du Méjean abrite une flore unique, dont des espèces endémiques cévenoles (Source : Conservatoire Botanique National du Massif Central, 2022).