Sur les traces du GR70 chez les vignerons savoyards : immersion en Bugey

L’échappée belle en Lozère sauvage

Cheminer entre montagnes et coteaux : un itinéraire à la rencontre du Bugey

Au détour d’un sentier blanc ou d’un chemin de crête, le GR70 – connu comme le chemin de Stevenson en Lozère – invite aussi, plus au nord, à repousser l’aventure vers d’autres terres contrastées. En Bugey, massif d’avant-pays alpin, la randonnée quitte un temps les drailles cévenoles pour se lover au creux de vallons doux, dans le parfum discret des vignes savoyardes.

Cette immersion particulière, à l’écart des grands flux, offre une expérience où la marche s’accompagne de rencontres humaines et de découvertes sensibles. À chaque étape, le regard s’accroche aux lignes vives de la montagne du Grand Colombier, aux ondulations ponctuées de villages vignerons, et le pas se fait parfois plus lent à mesure que l’on s’approche des caves et des domaines.

Le GR70 : repères et appel de l’itinérance

Long de 276 km, le GR70 relie le sud, du Monastier-sur-Gazeille en Haute-Loire, à Saint-Jean-du-Gard en Lozère, traversant les paysages emblématiques des Cévennes. Mais le voyage ne s’arrête pas à la frontière occitane : plusieurs variantes et boucles invitent à se frotter aux terroirs du Bugey, où la vigne dialogue avec les reliefs calcaires.

Le balisage blanc et rouge marque l’itinéraire principal, souvent reconnu pour son authenticité et ses étapes paisibles, loin du tumulte. Chaque section livre ses secrets au rythme de la marche, de la luminosité d’un matin frais aux ombres portées du soir sur les vignes.

Paysages et saisons sur les coteaux du Bugey

Fidèle compagnon du marcheur, le paysage du Bugey se décline au fil des saisons. Le printemps dévoile des talus éclaboussés d’orchidées et le frisson timide des jeunes feuilles. L’été, la chaleur calme l’ardeur de la randonnée, incitant aux pauses à l’ombre d’un abri ou d’un lavoir, alors que les vendanges s’annoncent, activant les villages.

L’automne, c’est le règne des couleurs : vignes rousses, verts éteints, brumes accrochées à la montagne. L’hiver, plus rare, impose prudence et équipements adaptés – certains tronçons peuvent être fermés ou glissants, surtout aux abords des combes et des barres rocheuses.

Rencontres et dégustations : les vignerons sur le chemin

La route ne serait rien sans les habitants du pays : en Bugey, nombreux sont les vignerons qui vivent en marge des grands domaines, travaillant la vigne parfois depuis plusieurs générations. Les caves familiales s’ouvrent, souvent sur rendez-vous, pour permettre au marcheur curieux de découvrir des vins blancs vifs (Chardonnay, Altesse), des rouges gouleyants (Mondeuse, Gamay) ou des effervescents typiques appelés Cerdon.

Quelques domaines à découvrir le long du GR70 ou de ses variantes autour d’Hauteville-Lompnes, d’Artemare ou d’Anglefort :Il est conseillé de contacter les vignerons suffisamment en avance, certains n’accueillent qu’à certaines périodes. Les dégustations respectent la règle du "modération et convivialité" ; ici, pas d’œnotourisme tapageur mais le plaisir d’un vin simple, à partager.

Itinéraires et variantes : suggestions de randonnées entre vignes et villages

Le GR70 principal ne traverse pas directement le Bugey viticole, mais des boucles et variantes ponctuent le secteur.

Quelques idées d’étapes ou de randonnées à la journée :
RandonnéeDistanceDéniveléNiveauSaison conseillée
Culoz – Grand Colombier – Anglefort20 km+1100 mSportifMai à octobre
Arbignieu – Marignieu (boucle)12 km+300 mFacilePrintemps, automne
Virieu-le-Grand – La Burbanche15 km+450 mIntermédiaireMai à septembre

Se préparer : logistique, accès et conseils aux randonneurs

Le secteur du Bugey reste rural, avec une offre d’hébergements modeste, centrée sur des gîtes, chambres d’hôtes et quelques petits hôtels. Il est impératif de réserver en saison, surtout lors des vendanges ou des vacances scolaires.
Respecter les lieux : on reste sur les sentiers, on referme les clôtures lors du passage, on évite les cueillettes sauvages et on ramène ses déchets. Le bivouac est toléré à l’écart des habitations, une seule nuit, discrétion indispensable. Pas de feux, par risque d’incendie marqué dans tout le massif en été.

FAQ

Le GR70 passe-t-il vraiment au cœur des vignobles du Bugey ?

Non, le tracé initial du GR70 frôle le Bugey mais des variantes et traverses permettent de découvrir la partie viticole. Il s’agit d’une invitation à combiner grande itinérance et randonnées à la journée.

Peut-on visiter les caves sans rendez-vous ?

Il est rare de pouvoir pousser la porte à l’improviste. Il convient de prendre contact quelques jours avant, les familles vigneronnes accueillant en général selon leur disponibilité.

Quelles sont les périodes idéales pour parcourir le Bugey à pied ?

Le printemps et l’automne pour les couleurs, la fraîcheur, et l’ambiance dans les villages. L’été convient pour les randonneurs matinaux, avec des pauses prolongées à l’ombre ; attention aux canicules et sécheresses.

Quels vins typiques déguster lors du passage ?

Altesse (blanc sec), Mondeuse (rouge), Cerdon (rosé pétillant), quelques Chardonnay et Gamay.

Où se loger lors de l’itinérance ?

Gîtes d’étape, chambres d’hôtes chez l’habitant, quelques hôtels à Culoz ou Belley. Il est toujours préférable de réserver à l’avance.

Un chemin d’équilibre : marcher, observer, déguster

Parcourir le Bugey sur les pas du GR70, c’est accepter de ralentir. L’itinéraire se vit au rythme des paysages, mais aussi de ceux qui les entretiennent : vignerons, agriculteurs, villageois. Dans ce décor doux et vivant, chaque pas devient encouragement à la curiosité et à l’attention à l’autre.

Préparer son séjour avec soin, respecter les rythmes du pays et oser frapper à la porte d’une cave sont autant de gestes qui enrichissent le voyage.

Que vous soyez adepte des grandes traversées cévenoles, randonneur contemplatif ou simple amateur de vin sincère, le Bugey offre une étape à votre mesure. Ouvrez la carte, contactez les vignerons... et partez à la rencontre d’un territoire discret mais généreux.