Les cycles saisonniers ne sont pas gravés dans le marbre. Depuis maintenant trois décennies, les données de Météo France et du Parc National des Cévennes révèlent un avancement précoce des dates de floraison (parfois de 10 à 15 jours pour les cerisiers et pommiers sauvages), un raccourcissement de l’enneigement sur les Monts Lozère (moins de 50 jours d’enneigement continu en 2022 contre 95 en 1976), et une modification des fenaisons (source : Observatoire du Parc National).
Résultat : certaines espèces s’adaptent, d’autres régressent. On note un déclin, par exemple, de la pie-grièche à tête rousse (Lanius senator), très dépendante des paysages bocagers aujourd’hui plus rares, tandis que des espèces méridionales colonisent peu à peu les pentes sud des Cévennes (lézard ocellé, cigale de Provence).
Comprendre l’influence des saisons, c’est aussi mesurer la fragilité de ces équilibres. Les observer dans le Pays de Florac, c’est saisir, grandeur nature, le rythme d’une biodiversité encore vivace, et sans doute mieux comprendre ce qui se joue partout ailleurs.
Sources : Parc National des Cévennes, INPN, ONF, LPO Occitanie, Météo France, Observatoire du Parc National des Cévennes, Chambre d’agriculture Lozère, CBN Massif central, ONEMA (devenu AFB).