Le balisage des sentiers viticoles GR70 et leur impact sur le patrimoine savoyard

L’échappée belle en Lozère sauvage

Marcher en pays de Cévennes : un sentier, des histoires

Entre causses arides, forêts profondes et villages suspendus, les sentiers du GR70 — plus connu sous le nom de chemin de Stevenson — traversent des paysages modelés par la main de l’homme aussi bien que par l’érosion. Au fil des pas, on devine la trace de générations de vignerons et de bergers. Aujourd’hui, la valorisation de ces sentiers, notamment par leur balisage, permet de renouer le lien avec ce patrimoine agricole et naturel que les Cévennes partagent avec la Savoie : la culture de la vigne en altitude, sur des coteaux parfois escarpés, la transmission de gestes anciens et la sauvegarde d’un savoir-faire rural. Mais qu’apportent vraiment ces balises rouges et blanches, au-delà de la simple orientation ?

Comprendre le balisage des GR : une signature du territoire

Le balisage du GR70 suit les règles nationales définies par la Fédération française de randonnée pédestre (FFRandonnée). Ce balisage officiel (blanc et rouge), dont la régularité rassure, est assuré bénévolement par des équipes formées. Il ne s’agit pas d’un ornement purement pratique : la pose réfléchie des marques accompagne le marcheur, rythme son avancée et enracine sa traversée dans une continuité historique.

Sur le GR70, des variantes et des passerelles relient souvent le chemin historique à d’anciens sentiers de vignes ou à d’étroites drailles pastorales : voilà pourquoi il est fréquent d’y croiser une signalétique complémentaire, signalant des "sentiers viticoles" ou balisant l’accès à des points de vue particuliers, à une fontaine, à un four à pain restauré.

Dans la partie savoyarde du tracé, entre Montagnac et La Bastide-Puylaurent, des panneaux pédagogiques complètent le balisage, rappelant les cépages historiques ou la structuration des terroirs locaux.

Quels sont les grands itinéraires viticoles du GR70 ?

Le chemin de Stevenson ne se limite pas aux plateaux lozériens : il flirte, sur ses marges, avec plusieurs circuits dédiés à la découverte du patrimoine viticole, qu'il s'agisse de terrasses cévenoles ou de côteaux savoyards.


Ces variantes croisent aussi de grands sites patrimoniaux, tels que l’abbaye de Notre-Dame-des-Neiges, qui conserve des archives précises sur les pratiques agricoles du XIXe siècle.

Impact sur le patrimoine savoyard : sauvegarde et valorisation

Balisage et préservation du patrimoine vont de pair : chaque sentier entretenu rend justice au travail des bâtisseurs de murets ou des agriculteurs ayant maintenu une mosaïque de cépages rares.

Plusieurs effets très concrets sont notés :
En Savoie, le label "Vignobles & Découvertes" valorise ce travail à l’échelle régionale, créant une dynamique d’échange entre viticulteurs, hébergeurs et associations de randonnée.

Baliser sans trahir : gérer l’affluence, respecter les milieux

La vitalité retrouvée des sentiers viticoles apporte son lot de défis : la surfréquentation menace parfois les espaces les plus fragiles, notamment en été ou lors des vendanges.

Des mesures, validées par le Parc national des Cévennes ou les collectivités locales, aident à orienter et canaliser les flux :
La signalisation, loin d’être un gadget, devient un partenaire de la sensibilisation : dans les endroits où la vigne côtoie les landes et forêts, la cohabitation reste un équilibre fragile à maintenir.

Le respect du balisage est aussi un acte citoyen, garantissant la tranquillité des exploitants et la préservation d’un patrimoine unique.

Tableau comparatif des principaux sentiers viticoles liés au GR70

ItinéraireDépart / ArrivéeDistance (km)Durée prévisionnelleNiveauPériode conseillée
Tour des terrasses cévenolesFlorac – Col de Pierre Plate7,52h30FacileMars à juin, septembre - octobre
Sentier "Sur les pas des vignerons"La Bastide – Langogne144h à 5hMoyen (dénivelé modéré)Avril à juin, septembre
Boucle de Saint-Étienne-Vallée-FrançaiseSaint-Étienne-Vallée-Française113h30Facile à moyenToute l’année hors fortes pluies

Préparer sa randonnée sur les sentiers viticoles du GR70


À savoir : certains secteurs traversés par le GR70 ne sont pas accessibles aux chiens (même tenus en laisse) pendant la période de pâture des troupeaux d’estive (renseignements auprès de l’office de tourisme ou du Parc national des Cévennes).

FAQ – Vos questions sur le balisage des sentiers viticoles GR70 et le patrimoine

Comment reconnaître un balisage officiel sur les sentiers ?
Le balisage du GR70 utilise deux bandes horizontales – blanche au-dessus, rouge au-dessous – peintes sur arbres, rochers ou poteaux. Les variantes viticoles peuvent être balisées en jaune et rouge, ou accompagnées de panneaux pédagogiques verts.

Est-il possible de visiter un domaine viticole en suivant ces sentiers ?
Oui, certains domaines (notamment en Savoie et dans les Cévennes méridionales) ouvrent leurs portes de manière ponctuelle : se renseigner auprès des offices de tourisme.

Y a-t-il des risques en dehors du balisage ?
Oui, sortir du sentier expose à l’érosion des sols, à des espaces privés ou sensibles (plantations jeunes, faune nicheuse) : il est impératif de suivre les chemins prévus.

Peut-on bivouaquer au bord du GR70 dans le secteur viticole ?
Non, le bivouac est très réglementé, voire interdit sur la majorité des zones traversées, pour préserver le milieu et le travail des exploitants (renseignements à prendre sur place).

Savourer la route, respecter le paysage : une invitation sur le GR70

Choisir le GR70, c’est choisir la patience de la marche et l’attention aux détails : lire les paysages, deviner la main de l’homme, sentir l’odeur des herbes sèches au vent. Le balisage, loin d’être une simple suite de couleurs, balise aussi la mémoire collective.

Le patrimoine viticole de Savoie et des Cévennes, fragile et menacé, trouve dans la mise en valeur de ces sentiers une chance précieuse de (re)naissance. Observer, écouter, marcher sans précipitation : préparer sa randonnée sur ces itinéraires, c’est déjà commencer à respecter une terre.

Pour approfondir ou planifier votre parcours, n’hésitez pas à consulter les sites officiels (FFRandonnée, Parc national des Cévennes, offices de tourisme) et à dialoguer avec les habitants : ce sont eux, les véritables passeurs du terroir.