Randonnées sur les corniches du Causse Méjean et accords Mondeuse – charcuterie alpine
Éveil sur les corniches du Causse Méjean : une invitation à la marche et au goût Au lever du jour, une brume légère glisse au creux des gorges...
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Impossible d’évoquer Florac et les grandes traversées pédestres sans parler du GR70. Ce sentier suit l’itinéraire emprunté par Robert Louis Stevenson et son ânesse Modestine à l’automne 1878. Du Monastier-sur-Gazeille (Haute-Loire) à Alès (Gard), il offre 272 km d’aventure, dont une étape emblématique : Florac.
Ce qui distingue le Chemin de Stevenson, ce sont ces paysages d’altitude inaltérés, les immenses forêts de hêtres du Bougès, mais aussi la variété des ambiances, de la Margeride granitique aux vallées cévenoles abruptes. À Florac, on retrouve encore dans l’atmosphère cet esprit de voyage lent, quasiment initiatique, où chaque col, chaque clairière semble murmurer un extrait du célèbre récit “Voyage avec un âne dans les Cévennes”. On estime à environ 8 000 le nombre de randonneurs ayant réalisé tout ou partie du GR70 en 2023 (source : Association Sur le Chemin de Robert Louis Stevenson).
Le balisage blanc et rouge, la chaleur des hébergements (gîtes, chambres d’hôtes, accueils randonneurs), et la convivialité des villages traversés font de ce GR un incontournable, accessible même sans expérience montagneuse, à condition d’avoir le goût de la marche sur plusieurs jours.
Moins médiatisé que le GR70, le GR6 traverse la Lozère d’est en ouest, reliant Sainte-Foy-la-Grande (Gironde) à Saint-Paul-sur-Ubaye (Alpes de Haute-Provence), pour près de 1 100 km. Dans sa portion lozérienne, le GR6 offre une immersion unique dans les paysages arides et mystiques des Causses et Gorges, avec Florac comme étape clé – située entre les Causses de Sauveterre, le Méjean, et le cœur du Parc national des Cévennes.
Ici, l’expérience est plus minérale, les villages plus dispersés, les plateaux infinis sous un ciel souvent spectaculaire. En chemin, le silence fascine : on croise d’antiques lavoirs, des mégalithes et parfois, à la tombée du soir, une harde de chevaux de Przewalski réintroduits sur le Causse Méjean (source : Parc national des Cévennes).
Ce GR est plutôt conseillé à des marcheurs déjà aguerris : il faut parfois parcourir plus de 25 km entre deux points d’eau ou d’hébergement. Sa fréquentation reste très modérée, même en été : selon la Réserve de biosphère des Causses et Cévennes, moins de 4% des randonneurs de passage croisent un autre groupe chaque jour sur certains tronçons !
Le GR68 – Tour du Mont Lozère – offre une boucle exigeante de 110 km, d’environ 6 à 8 jours de marche, pour un voyage circulaire autour de ce sommet emblématique du sud Massif central, point culminant des Cévennes à 1 699 m au Pic de Finiels.
| Étape | Distance approx. (km) | Point d’intérêt |
|---|---|---|
| Florac – Le Pont-de-Montvert | 23 | Vallée du Tarn, hameaux cévenols |
| Le Pont-de-Montvert – Finiels | 12 | Montée au Pic de Finiels (1 699 m) |
| Finiels – Le Bleymard | 16 | Sources du Tarn, landes d’altitude |
| Le Bleymard – Mas Camargues | 18 | Ruines romanes, chaos granitiques |
On croise ici de vastes drailles (chemins de transhumance), des landes à bruyères, le tout ponctué par de petits hameaux aux toits de lauzes. En mai-juin, l’iris sauvage fleurit dans les prairies d’altitude ; en automne, les teintes fauves du châtaignier dominent. Le Tour du Mont Lozère conserve le charme des itinérances confidentielles, avec moins de 1 500 passages complets par an selon la FFRP (Fédération Française de la Randonnée Pédestre).
Ce foisonnement d’itinéraires explique que la Lozère, avec 469 habitants au km² (source : INSEE 2021), soit la destination phare des grands espaces en France — et l’un des départements où le chemin reste véritablement sauvage.
S’aventurer sur les grandes traversées autour de Florac, c’est s’offrir autre chose qu’un simple voyage sportif. De nombreux marcheurs reviennent marqués par la force des paysages, la lente intensité de la marche, la lumière mouvante sur les causses, et la rencontre — discrète mais précieuse — des habitants qui vivent là, parfois depuis des générations. Les chemins autour de Florac rappellent que la randonnée n’est pas un geste anodin, mais une manière d’entrer en relation, patiemment, avec un territoire exigeant mais généreux.
Le sentier devient un fil d’Ariane où chaque pas est aussi une invitation à prolonger la découverte. Des grandes traversées nationales aux boucles plus méconnues, Florac s’impose comme une escale majeure pour celles et ceux qui cherchent, par la marche, à renouer avec l’essentiel.
Sources : Parc National des Cévennes, FFRandonnée, Association Sur le Chemin de Robert Louis Stevenson, INSEE, IGN, Réserve de biosphère des Causses et Cévennes.