GR de Pays & terroirs du vin : trek multi-jours en Combe de Savoie
Un sentier à histoires, entre vignes, reliefs et villages de la Combe de Savoie Au pied des cimes alpines, la Combe de Savoie déroule ses coteaux en une mosaïque...
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C’est le genre d’histoire qu’on n’imagine pas voir advenir une seconde fois. Les vautours, autrefois persécutés et disparus des Cévennes à la fin du XIXe siècle, ont retrouvé le ciel des gorges grâce à un immense travail collectif commencé dans les années 1980. Des naturalistes passionnés, des éleveurs et le Parc National des Cévennes se sont ligués pour réintroduire le Vautour fauve, bientôt suivi par le Vautour moine, le Vautour percnoptère et, avec un peu de chance, le Gypaète barbu revenu tout récemment dans la région (Gorgesdelajonte.com).
Aujourd’hui, la colonie oscille entre 300 et 400 couples de Vautours fauves et une vingtaine d’autres espèces de rapaces (donnée 2023, source : Ligue pour la Protection des Oiseaux Occitanie). Cette diversité a transformé la Jonte en véritable sanctuaire ornithologique.
Pour qui veut croiser le vol d’un vautour, rien ne vaut la marche. Certaines portions du GR®, entre Florac et Le Rozier, effleurent la haute corniche, mais d’autres chemins moins fréquentés plongent vraiment au cœur de leur territoire. Voici les itinéraires à privilégier.
Le sentier grimpe par la draille ancestrale du Causse avant de longer la falaise sur près de 4 kilomètres. Véritables balcons naturels, ces corniches surplombent le lit étroit de la Jonte, 400 m plus bas. On traverse des paysages lunaires, des pierres dressées, des bouquets de pins et quantité de rochers-résonateurs.
Attention, ce sentier est à éviter par temps humide (passages glissants et risque de brouillard).
Plus courte et accessible, cette boucle dessert les deux rochers emblématiques en forme de vase chinois (d’où leur nom). Ces monolithes calcaires servent de repère aux vautours qui viennent s’y reposer ou parader en pleine drague printanière. C’est l’un des spots les plus photogéniques, tôt le matin ou en milieu d’après-midi.
Ce petit itinéraire, très familial, conjugue balade et découverte pédagogique. Après la visite du centre d’interprétation (où l’on découvre la biologie et l’histoire du retour des vautours), le sentier sillonne la corniche pour offrir des points de vue saisissants sur la falaise. Des lunettes d’observation sont mises à disposition, idéales pour les enfants et les naturalistes amateurs.
On quitte ici les circuits classiques pour une boucle moins fréquentée, montant à travers des bois, puis longeant des pans vertigineux de roche claire. Moins pédagogique, le tracé permet en revanche des rencontres plus confidentielles avec les vautours, souvent à portée de jumelles, loin du bruit.
Respect de la faune : Il est essentiel de garder les distances et de ne jamais chercher à approcher ou nourrir un vautour. Ces rapaces restent sensibles au dérangement, surtout en période de nidification (mars à juillet). Restez sur les sentiers et évitez de crier ou de faire des gestes brusques (Parc National des Cévennes).
Parce que croiser un vautour, c’est toujours plus fort lorsqu’on sait le reconnaître, voici un tableau synthétique des espèces présentes et de leurs caractéristiques :
| Espèce | Envergure | Détails distinctifs | Période privilégiée |
|---|---|---|---|
| Vautour fauve | 2,4 à 2,8 m | Plumage brun clair, collerette blanche, vol en spirale thermiques | Avril à septembre |
| Vautour moine | 2,8 à 3,1 m | Tête noire, silhouette massive, souvent solitaire | Mai à octobre |
| Vautour percnoptère | 1,7 m | Tête jaune, plumage blanc-noir, petit mais agile | Juin à août |
| Gypaète barbu | 2,7 à 2,9 m | Silhouette effilée, ventre ocre, barbes sous le bec | Rare mais croissant d’avril à septembre |
Certaines balades s’enrichissent au contact de ceux qui vivent ou travaillent sur place. Plusieurs sorties sont proposées avec guides ornithologues, notamment par la Maison des Vautours (Le Truel) ou via le Parc National des Cévennes (sorties ponctuelles, programme sur leur site). Ces visites permettent d’observer les vautours à la longue-vue et d’échanger sur leur rôle dans l’écosystème local : éboueurs, médecins, maillons essentiels du paysage pastoral.
Au retour, plusieurs petits producteurs installés dans la vallée proposent fromages, miel ou charcuterie, parfaits compagnons pour une halte gourmande à l’ombre des corniches.
La beauté des gorges de la Jonte ne se livre jamais tout d’un coup. Elle vous prend d’abord par la main sur un chemin de pierre blanche, vous hisse en silence sous la voûte des grands rapaces, et vous apprend à regarder lentement, à partager l’espace entre ciel et cailloux. Ceux qui acceptent de marcher un peu, de lever les yeux souvent, et de respecter le territoire, repartent toujours changés – un peu plus légers, presque ailés eux-mêmes. Les sentiers des gorges, riches en vie, en récits et en rencontres s’offrent à tous, pourvu qu’on s’y engage avec simplicité, patience et respect.